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Démocratie et place du citoyen dans la cité

Dans le cadre des rencontres citoyennes et du Grand Débat National proposé par le gouvernement, nous avons organisé une soirée le 22 février 2019 sur le thème : Démocratie et place du citoyen dans la cité et plus précisément :

- Quelle place peuvent prendre les habitants dans les choix faits pour nos quartiers et notre ville ?

- Quelle forme et quelle mode d’organisation pour les élaborer et les mettre en œuvre ?

- Quelle forme de démocratie souhaite-t-on ?



La soirée s'est déroulée avec une quinzaine de participants et la présence de Patrick WAELES, sociologue, sous la forme d'échange autour des 3 thématiques. Chacun pouvait apporter sa contribution avec en mot d'ordre de laisser parler avant de prendre la parole.


Quelques extraits de ces échanges :

Ph : Comment faire fonctionner la démocratie ? Elle est à la fois réelle par nos actions, à la fois en panne. Parfois même de la concurrence et de la compétition favorisées par le système des aides sur appels à projet. La proximité est peut-être un moyen plus facile.


E : Mobilisation autour d’un projet / d’une action commune : difficulté de mobiliser dans la durée. Importance de s’engager dans des Conseils citoyens, mais il faut faire attention à ne pas tomber dans les travers de la démocratie représentative. Il ne faut pas se taire quand on est minoritaire. Il y a deux travers : se faire concurrence et rester indépendant des collectivités.


J : j’ai été membre de CQs d’Evry. Les 1ères moutures sans réel pouvoir / compétences des habitants. Manque d’indépendance des CCQs existants par rapport aux élus. Le bénévolat vieillissant dans les associations. Important de faire de l’action, du concret et de se mobiliser sur des actions / projets. Il faut réfléchir sur comment faire les choses utiles dans notre environnement, comment toucher les jeunes.


Ph : Je me suis battu dans le Conseil de quartier. Je m’investis pour que les gens participent plus.

Les CQs étaient de la pseudo démocratie participative. Les CCQs, même si ce n’est pas parfait sont une amélioration notable (au travers des évolutions de 2014 et 2018). Il considère important de se battre de l’intérieur pour les faire encore évoluer, notamment sur l’indépendance par rapport aux élus et services, la formation des conseillers, l’appel à des ressources / compétences externes à la ville. Il ne faut pas être naïf, il y a des jeux d’alliance entre des membres, groupes et avec certains élus.

Attention à ne pas se mettre en situation de quémandeurs / demandeurs par rapport aux élus. Pour lancer un projet, nous devons d’abord nous unir puis dire ce que nous voulons aux élus.

Il y a une contradiction entre l’élu qui considère qu’il a le pouvoir puisqu'il est élu et les habitants qui veulent être acteurs.


Pa : La démocratie est la souveraineté du peuple. Aujourd’hui, on a l’idée que ce sont les élus qui font car c’est eux qui choisissent. Sommes-nous en mesure de décider ?


E : Il n’y a plus de citoyen. Les gens n’investissent pas la citoyenneté. Nous aujourd’hui présents sommes epsilon. J’ai l’impression de réfléchir différemment des gens autour de moi. Mon investissement est récent. On n’a pas beaucoup de place en dehors des élections . A Evry les CCQ ne sont pas des Conseils Citoyens.

En face de moi, j’ai des élus démobilisés qui ne tiennent pas la route.

Mon acte citoyen : j’ai ma liberté d’analyse, de penser sur les organisations que les élus mettent en place.

Comment se remobiliser sur du sens commun ?

Je constate une tendance à se mettre et à faire à la place des gens. Exemple d’un urbaniste qui a conçu le programme de « renouvellement » des Champs Elysées sans consulter ni faire participer les habitants du quartier. Problème de la commande publique qui n’impose pas cette concertation avec les habitants.


M : Tente d’analyser les causes du manque de mobilisation des gens. Les conditions de travail sont très difficiles aujourd’hui notamment pour les femmes. Pour les familles monoparentales, c’est très dur. On peut mobiliser s’il y a un intérêt personnel. Il faut travailler la relation directe entre les personnes et le réseau. On cherche des jeunes mais c’est difficile car ils veulent s’investir sur des actions ponctuelles, pas sur le long terme.

Éric : pour que les gens se mobilisent il faut que les projets soient pour eux. Il constate une dérive de la part des personnes engagées (en association ou désignées dans un bureau de CCQ) à représenter les gens.


Pa : pour que les personnes s’engagent, il faut que ça les concerne. Il faut travailler la dignité, la valorisation et la capacité des personnes. (empowerment) ; les mettre en capacité de faire. Il attire l’attention sur la différence entre le pouvoir d’achat et le pouvoir d’agir. La proximité c’est important.


É : je pense qu’il y a une totale incompréhension de la ville (élus et services) de la volonté des habitants de co-construire les projets. Il y a des experts persuadés d’en savoir plus que les autres. C’est lié à une peur de perdre le pouvoir ou un mépris en prétendant savoir. Il y a une expertise qui bénéficie d’une légitimité technique.


Pa : il y a une croyance répandue chez les élus et les experts que les « gens » ne savent pas » et ne sont donc pas compétents. Or, on apprend de son environnement. Il faut de l’empowerment pour construire à partir de nos savoirs.


J : on dit à ceux qui font des études pour devenir des experts qu’ils sont l’avenir du pays. J’ai le sentiment que les « élites » (ceux qui décident) sont déconnectées de la vie des gens et hors sol (exemple la réorganisation du RER D).


É : ça me fait du bien d’être avec des personnes avec lesquelles je partage des analyses. Les têtes pensantes doivent changer mais le travail entre nous doit aussi changer. Comment élargir le cercle ?


M : récemment c’était l’anniversaire des 20 ans du Génopole. Ça a fait la fête à Paris. RIEN sur Evry !


Pa : oui les élites sont hors sol. Il faut remettre au centre les savoirs concrets de gens ; ça veut dire faire confiance aux gens ; de façon à ce qu’ils puissent penser et proposer en connaissance de cause.

Ce qui fait désormais le progrès, c’est le progrès humain pas le progrès technique.

Peter : se questionne sur les engagements qu’il prend. Certains réseaux de citoyens engagés sont distants, non ou peu visibles. je me sens un peu étranger à ces gens engagés. Il y a un manque de visibilité de ces gens engagés.

Nos préoccupations prioritaires sont parfois ailleurs (travail, famille...)

Autour de moi les jeunes que je fréquente s’engagent peu pour leur quartier. Quand on les interroge à ce sujet, ils répondent : “après mes études, je m’en irai” ou “je travaille, je mets de l’argent de côté, puis je pars m’installer ailleurs”. J’ai de la difficulté à me projeter dans le quartier où je vis alors que je peux privilégier des causes lointaines.


L : je suis très sensible, en tant qu’engagée associative, au problème de la concurrence entre associations, collectifs.


Ph : j’insiste sur l’importance de « faire ensemble » même sur des actions qui paraissent avoir peu d’importance ou d’impact mais où l’important est de faire ensemble. La gestion de projet a l’air difficile, mais il faut faire au lieu de prendre son temps à réfléchir, car la réflexion vient en faisant.


La rencontre avait été déclarée dans le cadre du Grand Débat National et la retranscription complète de ces échanges a été envoyé en tant que compte-rendu de la soirée.


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