Nouvel Peyi Lakaye

Actualités Haïtiennes

 
 

 A quand le grand chambardement ?

Le Président Jovenel Moise, le Premier Ministre par intérim, Claude Joseph et leurs amis semblent convaincus de leur bon droit de traiter le peuple haïtien comme un peuple mineur, un peuple incapable de se révolter, de vouloir vivre dans un pays démocratique et d’aspirer à une vie meilleure.

Le mandat du président est échu depuis le 7 février 2021 d’après la Constitution haïtienne en vigueur. Cependant, le Président, le Premier Ministre par intérim et les ministres n'en tiennent aucun compte. Ils ont décidé de garder le pouvoir jusqu' au 7 février 2022 et au-delà.

La chambre des députés n'existe plus, parce que les élections législatives n'ont pas été organisées.  Le Sénat, ayant perdu les 2/3 de ses membres, est devenu inopérationnel pour les mêmes raisons.

Il n’y a pas eu non plus d'élections pour le renouvellement des Conseils communaux. Les Maires sont nommés directement par le Chef suprême, le Roi ; alors que Haïti se définit comme une République au niveau de l’Organisation des Nations-Unies (O.N.U.), de l'Organisation des Etats Américain (O.E.A.) et de l'Union Européenne (U.E.).

 

Dès son arrivée au pouvoir en 2017, Monsieur Jovenel Moïse a planté ses jalons autoritaires et sa volonté de gouverner le pays à sa manière avec l'aide et l'appui d’un groupe d’hommes et de femmes politiques assez particulier. Très vite, dans le pays, le mécontentement s’est fait sentir et s'est généralisé. Le peuple haïtien majoritairement, le monde du travail (ouvriers, paysans), de l'enseignement, les secteurs religieux, la société civile, la jeunesse, les représentants du patronat, d'une même voix, demandent la démission du président Moïse. En dépit des manifestations nombreuses, continues et violentes, Monsieur Jovenel Moïse, son parti : PHTK et ses ami(e)s ne réagissent pas.

D'ailleurs, ils se sentent dans leur bon droit. Car, ils bénéficient de l'appui de la communauté internationale et surtout de certains pays-clés comme les Etats-Unis d'Amérique, la France et le Canada. Il est très curieux que des démocrates d'Europe, de l'Amérique du Nord et du Sud ne soulignent la situation d'illégitimité constitutionnelle du gouvernement haïtien. La justice est dans une situation catastrophique. Que sont devenus les juges en Haïti ?

Aucune question ne s’est posée en ce qui concerne les accréditations et affectations des ambassadeurs et consuls généraux dans les pays dits amis d’Haïti !

Ne sont-ils pas complices d'un processus dictatorial en Haïti qui ne dit pas son nom ?

 

Le grand défi du Président

Monsieur Jovenel Moïse, Monsieur Joseph et leurs ami(e)s ont la ferme intention de doter la République haïtienne d'une nouvelle Constitution afin qu'elle soit vraiment dans le XXIème siècle.

Comment doter l’État haïtien d'une nouvelle Constitution au mois de juin 2021 ?

Ils ont créé et mis en place un Conseil électoral provisoire en 2020 par décret publié au journal officiel sans qu'il y ait consensus avec les partis politiques, la société civile et les organisations populaires représentatives. Le Conseil électoral provisoire est chargé non seulement 

D’écrire la nouvelle constitution, mais également d’organiser un référendum pour son adoption.

La Constitution haïtienne actuelle interdit toute réforme constitutionnelle par référendum.

La nouvelle constitution supprimerait le Sénat de la République.

Elle supprimerait également le poste de Premier Ministre et le principe de la responsabilité gouvernementale.

En dernier lieu, la nouvelle constitution détruirait ou affaiblirait les institutions républicaines.

 

La leçon du passé !

Que s'est-il passé en Haïti en 1961 sous la présidence du Docteur François Duvalier ?

Le Sénat fut supprimé. Tout le pouvoir était dévolu au président à vie. Et aucune institution républicaine n’avait survécu.

Non, au pays et dans la diaspora haïtienne, pas question de référendum constitutionnel pour le retour à la dictature en Haïti.

Il faut que les Haïtiennes et les Haïtiens et leurs ami(e)s de l’Europe, des USA , du Canada, de la France, de l' Amérique latine et de l' Asie condamnent cette tentative du rétablissement de la dictature à la manière de Duvalier en Haïti.

L’heure de vérité approche.  Le pouvoir s'accroche à son référendum bidon du 27 juin 2021.

L’opposition plus que jamais appelle à la rébellion jusqu' à la démission du Président Jovenel Moïse.

A l'ONU, à l' OEA  et au sein de l' Union Européenne, il se diffuse une petite musique qui désapprouverait l'organisation des élections partisanes, non-inclusives et anti-démocratiques en Haïti. Il était temps !

Paul BARON

Association pour Haïti 

Le 1 juin 2021

 
 
 

Le cauchemar continue

Tout le monde se faisait à l’idée d'un consensus à travers des pourparlers entre le pouvoir et son opposition pour surmonter une crise politique qui n'en finit pas. La présidence se prévaut de sa légitimité électorale. L'opposition se réclame de sa popularité et de sa forte mobilisation dans tout le pays et dans toutes les sphères de la vie nationale.

La société haïtienne est traversée par une série de problèmes que l'on a du mal à imaginer.

On constate que depuis un an environ, il ne se passe rien de constructif en Haïti. Le quotidien de la population est entravé à tous les niveaux : la faim, la soif, le chômage, les violences, les enlèvements et assassinats, etc.

La caducité du parlement, dès le 2ème lundi de janvier 2020, n'a rien changé au niveau du   président Jovenel Moïse qui a, entre ses mains, tous les pouvoirs.

Pourquoi, n'a-t-il pas doté le pays d’un gouvernement « légitime » en lieu et place du gouvernement démissionnaire ?

On ne le dit jamais assez, la Nation haïtienne fait face à des difficultés énormes qui nécessitent la mobilisation et la participation d'un grand nombre d'Haïtiennes et d'Haïtiens. L'idée de former un gouvernement d'Union nationale aurait pu être utile, si on se donnait les moyens d'y parvenir.

 

Le ras-le-bol des policières et policiers

Le rôle de la Police nationale haïtienne (PNH) est primordial dans « le maintien de l'ordre public et de la protection de la vie et des biens des citoyens ». Il se trouve que les policières nationales et policiers nationaux se sentent en difficulté dans l'accomplissement de leurs tâches et missions quotidiennes. Par ailleurs, ils estiment que leurs équipements et rémunérations ne sont pas en adéquation avec leurs missions. Pourtant, les policières et policiers aimeraient bien pouvoir dialoguer avec leur hiérarchie. Ainsi, ils ont mis sur pied le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH).

D'après l’article 35.3 de la Constitution de 1987 :

« La liberté syndicale est garantie. Tout travailleur des secteurs privés et publics peut adhérer au Syndicat de ses activités professionnelles pour la défense exclusivement de ses intérêts de travail ».

La réaction de la hiérarchie policière fut brutale et sévère.

Des policières et policiers étaient révoqué(e)s. Le mécontentement dans leurs rangs ne faisait aucun doute.

 

Policiers et militaires, les armes à la main

Il s'en est suivi des affrontements entre des membres de la Police nationale d'Haïti (PNH) et des hommes des Forces Armées d'Haïti « remobilisées) par le président Moïse en plusieurs endroits du pays.  Ces affrontements, le 23 février 2020, ont fait des morts et des blessés des deux côtés. Mais, très vite, la raison a pris le dessus.

Va-t-on finalement retrouver le chemin du dialogue national ?

 

Paul Baron

Le 1er mars 2020

Association Pour Haïti