Nouvel Peyi Lakaye

Actualités Haïtiennes

 
 

En Haïti rien ne bouge apparemment

Le Président Jovenel Moïse et son Premier Ministre Joseph Jouthe sont persuadés de leur bon droit de gouverner la République d'Haïti comme bon leur semble.

Le Sénat est dysfonctionnel, ce n'est pas leur problème. Les sénateurs sont 10 sur 30 en exercice. Donc, ils n’existent pas. La chambre des députés est fermée depuis le 13 janvier 2020, ce n'est pas non plus leur problème.

 

Les prochaines élections

Il faut un Conseil Electoral de 9 membres pour organiser bientôt des élections à tous les niveaux : sénatoriales, législatives, départementales, communales, etc.

D’après la Constitution en vigueur, le Pouvoir Exécutif devrait choisir 3 personnes, la Cour de Cassation également 3 personnes et l’Assemblée Nationale les 3 autres.

 

Que pense, que fait le Président ?

Il choisit lui-même les 9 membres du Conseil Electoral en ignorant les prescrits de la Constitution sur ce point. Cette décision est contestée par les mouvements et partis politiques haïtiens, par les organisations syndicales, paysannes et patronales, par la société civile et le secteur religieux. Les protestations et manifestations des Haïtiennes et Haïtiens contre ce coup de force du pouvoir sont considérées comme insignifiantes. Haïti, va-t-elle revivre un régime dictatorial comme celui des Duvalier ?

 

Le contexte international

Le président Jovenel Moïse, dès le début de son mandat, a bénéficié de l'aide et de l’appui des pays dits amis d’Haïti, c'est-à-dire : le Core Group (composé de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, et de l’Union Européenne ainsi que du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains), afin de résoudre les grands problèmes, les grands maux du pays.  Le Core Group a soutenu et défendu le président haïtien en dépit des faiblesses reconnues dans la gouvernance d'Haïti.

 

Depuis peu, l'appui international dont il jouissait s’est effrité. Surtout, après l’assassinat du Bâtonnier Montferrier Dorval et aussi après les démonstrations de force des gangsters qui sèment la terreur dans la capitale haïtienne, le jour comme la nuit. La responsabilité de l'ancien policier Jimmy Cérisier a été soulignée. Il serait de connivence avec le pouvoir.

 

Les protestations qui ont suivi cet assassinat sont internationales. Les barreaux d'avocats de Paris, Rome, du Canada, des Etats-Unis sont vent debout pour que les exécuteurs de Maître Dorval soient retrouvés et jugés. Les conditions de vie des Haïtien et Haïtiennes très difficiles déjà se dégradent de plus en plus alors que la corruption bat tous les records. L’impunité est reconnue enfin par les pays amis.

Qu'il s'agit de Petrocaribe, de la corruption courante, des violations des droits humains et des viols des femmes, les enquêtes sont toutes au point mort.

 

Le Core Group se positionne autrement et n'approuve pas les turpitudes du pouvoir haïtien.

Les pétitions nationales et internationales dénonçant le pouvoir haïtien ont contribué à l'évolution de la position du Core Group. Il ne comprend pas que le Président puisse doter le pays d'une nouvelle constitution dans 2 ou 3 mois. Il souhaite qu'il y ait des élections à tous les niveaux dans le meilleur délai.

 

Quel rôle joueront les élections américaines dans la situation politique, économique et sociale haïtienne ?

 

Comment construire une nouvelle Haïti digne du XXIème siècle ?

Paul BARON

Association Pour Haïti

Le 2 novembre 2020

 
 
 

Le cauchemar continue

Tout le monde se faisait à l’idée d'un consensus à travers des pourparlers entre le pouvoir et son opposition pour surmonter une crise politique qui n'en finit pas. La présidence se prévaut de sa légitimité électorale. L'opposition se réclame de sa popularité et de sa forte mobilisation dans tout le pays et dans toutes les sphères de la vie nationale.

La société haïtienne est traversée par une série de problèmes que l'on a du mal à imaginer.

On constate que depuis un an environ, il ne se passe rien de constructif en Haïti. Le quotidien de la population est entravé à tous les niveaux : la faim, la soif, le chômage, les violences, les enlèvements et assassinats, etc.

La caducité du parlement, dès le 2ème lundi de janvier 2020, n'a rien changé au niveau du   président Jovenel Moïse qui a, entre ses mains, tous les pouvoirs.

Pourquoi, n'a-t-il pas doté le pays d’un gouvernement « légitime » en lieu et place du gouvernement démissionnaire ?

On ne le dit jamais assez, la Nation haïtienne fait face à des difficultés énormes qui nécessitent la mobilisation et la participation d'un grand nombre d'Haïtiennes et d'Haïtiens. L'idée de former un gouvernement d'Union nationale aurait pu être utile, si on se donnait les moyens d'y parvenir.

 

Le ras-le-bol des policières et policiers

Le rôle de la Police nationale haïtienne (PNH) est primordial dans « le maintien de l'ordre public et de la protection de la vie et des biens des citoyens ». Il se trouve que les policières nationales et policiers nationaux se sentent en difficulté dans l'accomplissement de leurs tâches et missions quotidiennes. Par ailleurs, ils estiment que leurs équipements et rémunérations ne sont pas en adéquation avec leurs missions. Pourtant, les policières et policiers aimeraient bien pouvoir dialoguer avec leur hiérarchie. Ainsi, ils ont mis sur pied le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH).

D'après l’article 35.3 de la Constitution de 1987 :

« La liberté syndicale est garantie. Tout travailleur des secteurs privés et publics peut adhérer au Syndicat de ses activités professionnelles pour la défense exclusivement de ses intérêts de travail ».

La réaction de la hiérarchie policière fut brutale et sévère.

Des policières et policiers étaient révoqué(e)s. Le mécontentement dans leurs rangs ne faisait aucun doute.

 

Policiers et militaires, les armes à la main

Il s'en est suivi des affrontements entre des membres de la Police nationale d'Haïti (PNH) et des hommes des Forces Armées d'Haïti « remobilisées) par le président Moïse en plusieurs endroits du pays.  Ces affrontements, le 23 février 2020, ont fait des morts et des blessés des deux côtés. Mais, très vite, la raison a pris le dessus.

Va-t-on finalement retrouver le chemin du dialogue national ?

 

Paul Baron

Le 1er mars 2020

Association Pour Haïti

 
 
 
 

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